Votre enregistrement des 20 Études de Philip Glass a représenté une étape majeure dans votre parcours. Qu’est-ce qui a changé ?
Cela fait dix ans que je m’intéresse à ce courant qu’on appelle la musique minimale. J’ai enregistré un premier disque, Statea, avec Murcof, un musicien électronique. Je jouais déjà un peu de Philip Glass, mais aussi John Cage, Silvestrov, Arvo Pärt, sans jamais oser monter seule sur scène avec ce répertoire. J’ai commencé à faire beaucoup de concerts avec Murcof et j’ai trouvé dans cette musique une grande intériorité, plein de choses inattendues pour moi. J’ai poursuivi avec un disque en solo, Inland, premier volet d’une trilogie complétée par Mirrored et Study of the Invisible, qui questionne la méditation, l’intériorité. Ces trois disques ont été très importants pour moi. J’ai trouvé mon identité de musicienne dans cet équilibre entre le grand répertoire et ce répertoire plus délaissé par les musiciens classiques. On peut adorer la musique de Schubert, de Liszt, de Rachmaninov, tout ce que j’ai enregistré avant. Et on peut aussi avoir envie de défendre la musique de Philip Glass ou d’Arvo Pärt, comme je le fais.
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